Histoire de Saint-Sigisbert

Saint Sigisbert



Roi d’Austrasie Fêté le ler Février Patron de la Ville de Nancy Particulièrement invoqué en cas de calamités publiques.

Une rue à Metz rappelle le souvenir de Saint Sigisbert. A Nancy, une des plus importantes écoles porte son nom ; la cathédrale renferme ses reliques et des œuvres d’art le représentant. On trouve son effigie sur les vitraux d’un certain nombre d’églises lorraines et notamment à Nancy où il a le titre de Saint Patron de la ville. Une liturgie particulière et solennelle est célébrée le jour de sa fête.

Le culte de Saint Sigisbert était très populaire, il y a encore quelques années. On invoquait particulièrement le saint Roi d’Austrasie en période d’intempéries, grandes sécheresses ou pluies continues. Voilà donc un patronage qui fait la pluie et le beau temps dans le diocèse. Plusieurs vieux Nancéiens nous ont confirmé qu’autrefois, en période de sécheresse, à la cathédrale de Nancy, on descendait la statue de Saint Sigisbert de son piedestal afin de l’invoquer pour avoir la pluie. Les gens disaient alors irrévérencieusement : "On descend Saint Sigisbert pour le faire pisser !". Témoin de cette dévotion populaire, un conte de Fraimbois célèbre raconte les mésaventures de trois cultivateurs délégués à Nancy pour aller invoquer Saint Sigisbert au nom des habitants du village afin d’avoir la pluie sur les récoltes. Nous connaissons encore le dicton météorologique qui dit : "S’il gèle à la Saint Sigisbert, Mars aura un temps d’hiver !".

Dans son histoire de Nancy, l’érudit historien Christian Pfister relate à plusieurs reprises, les cas officiels de demandes d’intercessions en faveur du temps. On sait, dit-il, que ces reliques ont le privilège de rétablir le cours naturel des saisons. N’est-il pas normal que l’ancien roi d’Austrasie soit l’intercesseur auprès des puissances divines pour assurer le bien-être d’un pays dont de son vivant il avait la charge.

Sigebert III, Roi d’Austrasie, que les Lorrains appellent Sigisbert, vivait au VIIè siècle. Il était le fils de Dagobert, Roi des Francs, donc descendant direct de Clovis, premier roi chrétien de l’empire des Gaules et fondateur de la monarchie française. Pour se décharger d’une partie de son gouvernement et pour contenter les Austrasiens qui souhaitaient un roi particulier, Dagobert donna en partage l’Austrasie à son fils Sigebert. C’est de Metz qu’il gouverna son royaume avec de sages conseillers. Il s’attacha à faire régner la concorde et la justice dans ses Etats. Il conserva la paix avec ses voisins et dota son royaume de douze monastères, parmi lesquels Stavelot, Malmédy et Saint Martin de Glandières, cette dernière création restera de tous temps abbaye royale et ducale. Voilà qui distingue ce souverain de ses prédécesseurs que tous les auteurs s’accordent à présenter comme des barbares. Marié à Imnechilde, il eut un fils auquel il donna le nom de son père, Dagobert II. Celui-ci fut assassiné près de Stenay en 679. Honoré également comme saint, Dagobert est le patron de Longwy.

On le conduisit donc, avec grand honneur, à Nancy où il fut mis au prieuré Notre-Dame qui dépendait de l’abbaye Saint Martin et où les religieux trouvèrent refuge.

Quand Charles III, Duc de Lorraine, créa le chapitre primatial, il voulut placer sous le patronnage du Saint Roi d’Austrasie qui fut choisi comme patron de la capitale du Duché de Lorraine. Dans les calamités publiques, à la demande des magistrats de la cité, interprètes des vœux de la population, sa châsse était "descendue" et exposée à la vénération publique tout le temps des supplications ordonnées par l’autorité compétente. De là l’expression populaire encore usitée encore bien longtemps après qu’elle n’ait plus sa raison : "descendre Saint Sigisbert, remonter Saint Sigisbert". Une confrérerie sous le titre et l’invocation à Saint Sigisbert fut instaurée et autorisée par le Pape Clément IX. La chapelle existe toujours en la cathédrale de Nancy.

La révolution française profana les reliques. Fait incroyable, la chair était encore adhérente aux ossements. C’est ce qu’atteste une pièce du 8 pluviose de l’an XI signée par l’autorité. Le corps fut brûlé et des témoins sauvèrent quelques reliques, qui furent rendues au premier curé de la cathédrale après la tourmente révolutionnaire. Saint Sigisbert a donc repris sa place dans la grande église Primatiale-cathédrale de Nancy.